Archives mensuelles : janvier 2019

Yukio Mishima : « a Life in four chapters »(1985 film en anglais)

https://m.ok.ru/video/327595395633

Lors de la bouleversante scène finale, à 12 minutes de la fin, Mishima s’adresse sans succès aux soldats, pour leur faire voir l’évidence de leur déchéance, mais ne récolte qu’insultes et quolibets. Cet échec entraînera sa décision de mettre fin à sa vie lors d’un seppuku traditionnel.

Il a du haut de la terrasse un dialogue avec lui même : « je n’avais jamais connu , dans l’obscurité de l’action dans le monde physique, la satisfaction que peuvent apporter les mots; je n’avais jamais expérimenté non plus dans les mots la ténébreuse brûlure de l’action. Il doit y avoir un Principe plus élevé qui réconcilie l’art et l’action dans le monde »

Puis il pense à une scène de son passé, quand il monta dans un avion militaire à réaction F104 pour voyager dans la haute atmosphère :

«  ce Principe m’apparut être la mort »

Il répète alors ce qu’il dit dans « Le soleil et l’acier » à propos de ses pensées lors de ce vol :

« Le vaste espace qui entoure la mince atmosphère terrestre est la mort, la vie humaine y est impossible. «  ( c’est aussi ce qui est dit au début de « Gravity » de Cuaron)

« L’être humain doit porter un masque, comme les acteurs, s’il veut y exister. L’espace de la mort se confond avec le mince habitacle de l’avion « 

«  je compris alors que le résultat final de mon action était cette Beauté qui dépasse les mots et les concepts humains. C’est alors que je vis un cercle qui entoure la Terre, un cercle plus grand que la Mort, où toutes les contradictions sont réconciliées »

Dans « Le soleil et l’acier «  il écrit : «  c’est alors que je vis le Serpent »

Ce cercle plus grand que la Mort, où toutes les contradictions sont réconciliées, c’est une vision de l’Idée de l’Un. Ce n’est pas un mathème, mais une vision de type poétique, celle d’un Serpent ouroboros, symbole de l’unité des contraires , un thème présent chez Nicolas de Cuse, ainsi que dans le « Sepher Yetsira »

http://soued.chez.com/SY%20texte.html

J’avais écrit ceci sur ce grand film et ce grand héros :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/2018/02/23/paul-schrader-mishima-1985-sous-titres-anglais/

S’il y avait un aspect destructeur dans la pensée de Mishima, cet aspect relevait de l’occidentalisation du Japon depuis 1945

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Peter Trawny : un « manichéisme onto-historique » de Heidegger

J’entame ici une enquête sur l’affaire politico-médiatique de « l’antisémitisme de Heidegger avec cet article :

http://www.actu-philosophia.com/Peter-Trawny-Heidegger-et-l

« L’idée principale de Trawny est que Heidegger a repris des thématiques antisémites en les intégrant à son histoire de l’être. Le fait peut paraître aussi scandaleux qu’aberrant, mais il est pourtant indéniable : les Carnets Noirs contiennent des notes très claires qui font état de ce qu’on pourrait appeler un antisémitisme ontologique de l’auteur . Dans sa préface à l’édition française, l’auteur écrit : « Le concept que je propose d’« antisémitisme inscrit dans l’histoire de l’être » [« seinsgeschichtliche(r) Antisemitismus »] a été rejeté avec indignation avant tout par les apologètes. Il ne pouvait et ne pourrait être question de relier la pensée de Heidegger avec l’antisémitisme en général. Les arguments pour ce rejet sont si faibles que l’on préférerait ne pas les rappeler. On m’a reproché de compromettre la « pensée de l’histoire de l’être de Heidegger » tout entière comme si un « oiseau vert » permettait de conclure que tout ce qui est vert serait un oiseau. La thèse que j’ai avancée reste que dans une phase de sa pensée, Heidegger a transformé au sein de son récit de l’histoire de l’être des stéréotypes antisémites alors très répandus. Mon impression est que la fin de cette phase doit être reliée avec ses retrouvailles avec Hannah Arendt » [2].« 

« Heidegger voit dans son époque l’affrontement entre deux voies ; d’un côté, le redévoilement de l’origine, la poésie, l’attention à la présence –qui serait la charge historique du peuple allemand ; de l’autre, le dévoiement dans la technique, la manipulation, le calcul, le gigantisme de la puissance effrénée… – dont les Américains et particulièrement les Juifs seraient les représentants, ces derniers en tant que « juiverie mondiale » (Weltjudentum).
« D’une manière générale, il semble qu’on puisse transférer sur la « juiverie mondiale » le contraire de tout ce que Heidegger cherchait à sauver – l’« attachement au sol », la « patrie », le « propre », la « terre », les « dieux », la « poésie », etc. » [3] »

On sait que Husserl a subi des persécutions antisémites, pourtant il s’était converti au christianisme en 1886. Mon orientation :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com

Me porte plutôt vers Husserl le cartésien que vers Heidegger; Raymond Abellio oppose aussi les deux, associant Heidegger à l’être et Husserl à la conscience. Je fais un pas au delà et rattache la pensée phénoménologique de Husserl à l’Un , ce qui me permet de reprendre la dualité brunschvicgienne entre l’Etre et l’Un.

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/heritage_de_mots.html

« Dieu ne naîtra pas d’une intuition tournée vers l’extérieur comme celle qui nous met en présence d’une chose ou d’une personne. Dieu est précisément ce chez qui l’existence ne sera pas différente de l’essence ; et cette essence ne se manifestera que du dedans grâce à l’effort de réflexion qui découvre dans le progrès indéfini dont est capable notre pensée l’éternité de l’intelligence et l’universalité de l’amour. Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène.« 

c’est à dire que « l’oubli de l’Un » serait une oblitération, un recouvrement du plan internel séjour des Idées, qui est compris comme Idée de l’Un, c’est à dire comme Dieu ou Esprit

Lorsque Hegel dit « j’ai vu l’Esprit du monde » après avoir entrevu Napoléon à Iéna, il rabat l’être sur l’Un : exemple de ce que j’appelle « déchéance ontologique »

Un livre important sur ces questions est l’essai de Martin Kush : »Language as calculés vs language as Universal médium ; an essay on Heidegger, Husserl and Gadamer » que l’on peut lire ici :

https://monoskop.org/images/1/1e/Kusch_Martin_Language_as_Calculus_vs_Language_as_Universal_Medium_A_Study_in_Husserl,_Heidegger_and_Gadamer.pdf

Husserl est mis du côté du calcul (« calculés »)

S’il existe, l’antisémitisme de Heidegger serait « historial » et non racial-biologique.
Un livre qui se tient soigneusement loin du bruit médiatique qui entoure cette question depuis Farias, c’est à dire longtemps, me semble être celui de Von Herman et Alfieri :

http://www.pileface.com/sollers/pdf/Professeur%20Von%20Herrmann2.pdf
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Steiner-Anthroposophie et Nouvel Ordre Mondial : Déodat Roché et l’anthroposophie

La vie de l'Esprit et la question religieuse dans l’oeuvre de José Dupré

https://steiner-anthroposophie-nwo.blogspot.com/2013/08/deodat-roche-et-lanthroposophie.html

L’anthroposophie est un système, un agrégat d’idées humaines, créé de toutes pièces par Rudolf Steiner; Déodat Roché admettait ce système en blog, tandis que José Dupré saisit la profonde différence entre anthroposophie et catharisme . Ce dernier est un profond bouleversement intérieur de la conscience, ce qu’aurait voulu être l’anthroposophie , une révolution intérieure selon Georg Kuhlewind.

Dans mon autre blog :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com

J’ai accompli ce que j’appelle « tournant malebranchiste » , faisant la différence entre idées purement humaines et Idées parfaitement intelligibles que Malebranche, prêtre de l’Oratoire, appelle « divines ». Certaines idées humaines, appelées « mathèmes » sont des « modèles «  presque parfaits des Idées platoniciennes , parfaitement intelligibles , et le « progrès de la conscience » est la tendance de ces mathèmes à se confondre parfaitement avec l’Idée dont elles sont le modèle. C’est là le sens du progrès de la connaissance (mathématique)…

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