Archives pour la catégorie Science internelle

Peter Trawny : un « manichéisme onto-historique » de Heidegger

J’entame ici une enquête sur l’affaire politico-médiatique de « l’antisémitisme de Heidegger avec cet article :

http://www.actu-philosophia.com/Peter-Trawny-Heidegger-et-l

« L’idée principale de Trawny est que Heidegger a repris des thématiques antisémites en les intégrant à son histoire de l’être. Le fait peut paraître aussi scandaleux qu’aberrant, mais il est pourtant indéniable : les Carnets Noirs contiennent des notes très claires qui font état de ce qu’on pourrait appeler un antisémitisme ontologique de l’auteur . Dans sa préface à l’édition française, l’auteur écrit : « Le concept que je propose d’« antisémitisme inscrit dans l’histoire de l’être » [« seinsgeschichtliche(r) Antisemitismus »] a été rejeté avec indignation avant tout par les apologètes. Il ne pouvait et ne pourrait être question de relier la pensée de Heidegger avec l’antisémitisme en général. Les arguments pour ce rejet sont si faibles que l’on préférerait ne pas les rappeler. On m’a reproché de compromettre la « pensée de l’histoire de l’être de Heidegger » tout entière comme si un « oiseau vert » permettait de conclure que tout ce qui est vert serait un oiseau. La thèse que j’ai avancée reste que dans une phase de sa pensée, Heidegger a transformé au sein de son récit de l’histoire de l’être des stéréotypes antisémites alors très répandus. Mon impression est que la fin de cette phase doit être reliée avec ses retrouvailles avec Hannah Arendt » [2].« 

« Heidegger voit dans son époque l’affrontement entre deux voies ; d’un côté, le redévoilement de l’origine, la poésie, l’attention à la présence –qui serait la charge historique du peuple allemand ; de l’autre, le dévoiement dans la technique, la manipulation, le calcul, le gigantisme de la puissance effrénée… – dont les Américains et particulièrement les Juifs seraient les représentants, ces derniers en tant que « juiverie mondiale » (Weltjudentum).
« D’une manière générale, il semble qu’on puisse transférer sur la « juiverie mondiale » le contraire de tout ce que Heidegger cherchait à sauver – l’« attachement au sol », la « patrie », le « propre », la « terre », les « dieux », la « poésie », etc. » [3] »

On sait que Husserl a subi des persécutions antisémites, pourtant il s’était converti au christianisme en 1886. Mon orientation :

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com

Me porte plutôt vers Husserl le cartésien que vers Heidegger; Raymond Abellio oppose aussi les deux, associant Heidegger à l’être et Husserl à la conscience. Je fais un pas au delà et rattache la pensée phénoménologique de Husserl à l’Un , ce qui me permet de reprendre la dualité brunschvicgienne entre l’Etre et l’Un.

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/heritage_de_mots_idees/heritage_de_mots.html

« Dieu ne naîtra pas d’une intuition tournée vers l’extérieur comme celle qui nous met en présence d’une chose ou d’une personne. Dieu est précisément ce chez qui l’existence ne sera pas différente de l’essence ; et cette essence ne se manifestera que du dedans grâce à l’effort de réflexion qui découvre dans le progrès indéfini dont est capable notre pensée l’éternité de l’intelligence et l’universalité de l’amour. Nous ne doutons pas que Dieu existe puisque nous nous sentons toujours, selon la parole de Malebranche, du mouvement pour aller plus loin jusqu’à cette sphère lumineuse qui apparaît au sommet de la dialectique platonicienne où, passant par dessus l’imagination de l’être, l’unité de l’Un se suffit et se répond à soi-même. Méditer l’Être nous en éloigne ; méditer l’unité y ramène.« 

c’est à dire que « l’oubli de l’Un » serait une oblitération, un recouvrement du plan internel séjour des Idées, qui est compris comme Idée de l’Un, c’est à dire comme Dieu ou Esprit

Lorsque Hegel dit « j’ai vu l’Esprit du monde » après avoir entrevu Napoléon à Iéna, il rabat l’être sur l’Un : exemple de ce que j’appelle « déchéance ontologique »

Un livre important sur ces questions est l’essai de Martin Kush : »Language as calculés vs language as Universal médium ; an essay on Heidegger, Husserl and Gadamer » que l’on peut lire ici :

https://monoskop.org/images/1/1e/Kusch_Martin_Language_as_Calculus_vs_Language_as_Universal_Medium_A_Study_in_Husserl,_Heidegger_and_Gadamer.pdf

Husserl est mis du côté du calcul (« calculés »)

S’il existe, l’antisémitisme de Heidegger serait « historial » et non racial-biologique.
Un livre qui se tient soigneusement loin du bruit médiatique qui entoure cette question depuis Farias, c’est à dire longtemps, me semble être celui de Von Herman et Alfieri :

http://www.pileface.com/sollers/pdf/Professeur%20Von%20Herrmann2.pdf
« 

Roberto Rossellini : voyage en Italie (vostfr)

https://anthroposophiephilosophieetscience.wordpress.com/roberto-rossellini-voyage-en-italie-1954/

Les liens donnés ne fonctionnent plus, celui ci fonctionne (Openload):

https://www.voirfilms.pw/voyage-en-italie.htm

« Temple pur de l’Esprit ,
Sans plus de corps,
Mais de pures images ascétiques,
Qui rendent par comparaison toute pensée peu claire”

Les deux modes de connaissance distingués par Lacuria apparaissent ici : connaissance par limites (négative ) analogue à la démocratie oupure dans la feuille de papier et connaissance substantielle (positive ) ; la connaissance négative correspond à la forme, à l’Idée , à la Mathesis, au plan internel, la connaissance positive au monde, à la substance, à l’apparence de plein, d’être , de réalité , mais ce n’est qu’une apparence

Un texte de José Dupré : Guerne le veilleur

http://www.armelguerne.eu/book/export/html/76

«S’échappant de Paris après deux jours nauséeux, il parle de la “marée” – que l’on dira hétérogène par euphémisme – dans le métro du matin. Se souvenant de la “cinquième colonne” qui préparait, dès 1936, l’affaissement de la France pour 1940, il rappelle qu’une “cinquième colonne” plus durable est à l’action, depuis beaucoup plus longtemps, à travers certaines diasporas. Écrit dans les années 1970, ceci est véritablement prophétique lorsque l’on vit, ou plutôt que l’on meurt, le sinistre XXIème siècle d’une Europe suicidaire….

 Guerne pense que nous vivons, en effet, des temps d’apocalypse, c’est à dire de “révélation par les signes” – à ceux qui veulent voir et entendre – des catastrophes à venir que les hommes préparent. Mais, depuis des millénaires, peu de nations n’ont pas vécu, presque en permanence, des temps d’apocalypse….

L’énumération serait sans fin, jusqu’à notre époque où la France connut, de 1940 à 1944, quatre années d’occupation par des soldats allemands que la population surnommait “les doryphores”, du nom de ces insectes ravageurs des jardins, et qui rappellent, en effet, les sauterelles de “L’Apocalypse”. Mais enfin, ces soldats portaient un uniforme et annonçaient clairement leurs intentions, ce qui permit à l’Occident de les renvoyer dans leurs foyers au bout de quatre ans. Guerne connaissait tout cela, il avait payé pour. Mais les fléaux qui s’abattent sur une Europe hébétée, depuis plus d’un quart de siècle, le font sans uniforme sous des faces goyesques, dans les mensonges d’une grossière guerre psychologique, préparée par l’abrutissement médiatique de nations trahies. Tout cela, depuis le parasitisme des cultureux “verdâtres”, jusqu’à la débilité inoculée à un peuple raffolant de ce qui le ronge, Armel Guerne le ressent avec son infaillible sensibilité de poète, et l’exprime dans une désolation dramatique par ses lettres, aussi bien à Cioran qu’à Jean-Nesmy. Mais “le jardinier colérique” vivait déjà, par lui-même, l’une des paroles écrites par Cioran : «…l’homme, c’est ce qui surmonte…», et ce n’était pas en vain qu’il en appelait au “Verbe nu”. Dans une lettre au même, du 31 mai 1965, Guerne écrit : « La foi, qui n’est pas un système à quoi l’on accède ou adhère, n’a sans doute rien à voir avec le christianisme, lequel devrait n’avoir affaire qu’avec elle, s’il était aussi chrétien qu’il le croit…». Déjà dans sa lettre du 6 décembre 1964, il exprime son regard sur les papes du spectacle, successeurs des pontifes néroniens du Xème siècle : « Notre Saint-Père Boeing Ier, le pape à réaction, mérite nos félicitations également. Je regrette seulement qu’il n’ait pas été assez réaliste pour aller jusqu’au bout et jouer le Saint-Esprit parachutiste, puisqu’il est déjà praticien du Saint-Siège éjectable. Pastor evangelicus, l’antépénultième. »