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SADE invité chez Finkielkraut

quelle est la vérité profonde qui réside en l’oeuvre du divin marquis, et seulement en cette oeuvre ?

C’est que la Nature, pour peu qu’elle soit jugée par l’être qui juge, l’homme, au nom de tribunal de la Raison morale, est nazie (ce qui était bien l’opinion des nazis eux mêmes, qui ne cessaient de se réclamer de la nature).

et que donc, si l’on prend l’activité sexuelle humaine comme la condition de possibilité du fait que la présence de l’être qui juge moralement au sein de l’ordre naturel se perpétue, alors :

Le sexe est nazi

pour mettre les points sur les i:

la totalité du domaine de l’activité sexuelle : prostitutionnelle, violeuse, « maritale », « avec grand amour pour toute la vie », hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, etc.. etc..

Celui qui veut s’acheminer vers le christianisme des philosophes ne doit pas se payer se mots, et il doit affronter cette vérité , qui est celle que nous apportent les « libertins » (mais pas les tristes sires qui s’affublent de ce qualificatif de nos jours)!

Qu’est ce que cela signifie exactement ?

que la Nature est nazie (c’est à dire fondée sur le règne de la force , de la violence et de la domination) au regard du jugement moral de l’Homme !

une Nature sans l’homme serait profondément « innocente » !

cela veut donc dire que si nous , les humains, nous nous complaisons dans le domaine naturel et ses « jouissances » (fondées sur l’oppression des autres, des victimes comme objets du désir) , alors nous sommes nazis !

Eric Weil disait que le sens de « Dieu » comme catégorie, c’est que le moi ne peut pas jouir, mais il se trompait :

le moi ne doit pas jouir !

c’est à dire qu’il doit se déprendre de lui même, se dénazifier !

la dénazification de l’homme, c’est l’introduction du christianisme dans la philosophie païenne , pour accéder  au manteau sans couture, à l’unité indissoluble de la philosophie et du christianisme, le « christianisme des philosophes »!

UN-en-deux-par-Trois !

c’est quitter la Nature pour l’Esprit !

en termes malebranchistes : diminuer notre union avec les objets sensibles (la « nature ») et (pour) intensifier notre union avec Dieu, avec les objets spirituels !

l’errance au désert d’Israel n’a pas d’autre signification : la « Terre promise », c’est l’Esprit !

que se passe t’il alors si, comme chez Sade, et comme chez les « contemporains » , on enlève l’alternative à la Nature, l’Esprit, pour le remplacer par … le Néant ?

si l’on rature le christianisme ?

on aboutit au grand n’importe quoi des « études sadiennes » depuis les débuts du 20 ème siècle, dont l’émission de Finkielkraut de ce matin a retracé l’évolution.

Depuis Sade considéré comme « libérateur du désir », ou précurseur de Lénine, jusqu’ à l’apologie du pervers des années 70

et jusqu’au grand n’importe quoi actuel où de jeunes étudiantes de 20 ans  parlent très naturellement des passages les plus insupportables de Sade, mais exigent la « démocratie dans le couple »